Actualités - Eric TZEUTON Brevet Européen International

Protection par marque sonore du “pschitt” d’ouverture de cannette

Pour mémoire, l’enregistrement d’une marque sonore est possible, mais encore faut-il respecter les conditions essentielles d’une marque.

L’entreprise allemande Ardagh Metal Beverage Holdings avait demandé l’enregistrement d’un signe sonore en tant que marque de l’Union européenne, présenté en format audio. Ce signe rappelait le son se produisant à l’ouverture d’une cannette, suivi d’un silence et d’un pétillement. Cet enregistrement a été rejeté par l’EUIPO pour défaut de distinctivité.

Un recours contre cette décision a ainsi été formé devant le Tribunal de l’Union européenne, qui a rendu un arrêt de rejet en date du 7 juillet 2021.

Le Tribunal confirme l’absence de distinctivité de la marque demandée et apporte des précisions quant à :

  • Les critères d’appréciation du caractère distinctif des marques sonores

Les critères sont les mêmes que ceux applicables aux autres marques Le consommateur doit pouvoir percevoir le signe sonore en tant que marque, c’est-à-dire par la seule perception de la marque, faire le lien avec l’origine commerciale des produits ou des services.

  • La perception générale des marques sonores pour les consommateurs

Le son émis lors de l’ouverture d’une canette sera considéré comme étant un élément purement technique et fonctionnel et non comme l’indication de l’origine commerciale des produits ; en effet, pour le public pertinent, le son du pétillement sera associé aux boissons en général.

Il n’y a donc pas de caractère distinctif pour ce signe.

Dans le cas d’une marque sonore de ce type, il semble donc important de pouvoir prouver une distinctivité acquise par l’usage, par tout moyen (enquêtes sur le public pertinent notamment).

L’équipe SOTERYAH

#marquesonore #distinctivité

Actualités - Eric TZEUTON Brevet Européen International

Le nouveau système de brevet unitaire

Le nouveau système européen des brevets pourrait être un outil à privilégier selon la situation.

Ce système comprend 2 volets :

Le brevet européen à effet unitaire

La juridiction unifiée du brevet (JUB)

Qu’est-ce que la JUB ? Il s’agit d’une juridiction constituée afin de statuer sur la validité de brevets unitaires & européens et sur la contrefaçon.

Ces questions sont actuellement tranchées par les juridictions nationales, ce qui créé une insécurité juridique en raison de la divergence des décisions entre les juridictions et par la même, du forum shopping.

⚠️Pendant 7 ans (période transitoire renouvelable une fois), il sera possible de choisir entre la JUB et une juridiction nationale.

Quels sont les avantages de la JUB ? :

>Coût réduit

>Renforcement de la sécurité juridique

>Meilleur respect des brevets en raison de la prise d’effet des décisions de la JUB dans toute l’Europe

>Une seule juridiction couvrant 25 Etats-membres

Qu’est-ce que le brevet européen à effet unitaire ?

Alternative plus simple au système actuel qui consiste à faire valider son brevet européen dans chaque pays où l’on souhaite bénéficier de la protection, le brevet unitaire européen (ou brevet européen à effet unitaire) supprimera ces formalités de validations nationales.

Quels sont les avantages du brevet européen à effet unitaire ?

>Création d’un guichet unique

>Aucune taxe pour le dépôt et l’examen lors de la demande d’effet unitaire, ainsi que lors de l’inscription d’un brevet unitaire (contrairement aux frais de validations nationales)

>Une seule procédure, une seule monnaie, un seul délai et le mandataire européen est maintenu (contrairement aux mandataires locaux requis dans les validations nationales).

>Taxes annuelles fixées à un prix attractif et compétitif pour les premières années

>Réduction des coûts et de la charge de travail administrative

>Protection uniforme en raison de l’harmonisation du droit matériel des brevets

>Aucune traduction requise une fois que la période transitoire sera arrivée à terme.

Entrée en vigueur

Le système du brevet unitaire devrait être lancé au cours du second semestre 2022, une fois que les procédures de ratification nécessaires auront été menées à leur terme par le nombre requis d’États membres de l’Union européenne.

D’après le site du Conseil de l’Europe, la ratification nécessaire de l’Allemagne ne serait pas encore effective.

Application dans le temps

Un brevet unitaire pourra être demandé pour tout brevet européen délivré à partir de la date d’entrée en vigueur de l’Accord sur la JUB ou après cette date.

💡Des demandes d’effet unitaire anticipées peuvent être déposées à l’Office Européen des Brevets afin d’obtenir une inscription ultérieure de l’effet unitaire dès l’entrée en vigueur effective du système du brevet unitaire.

💡Des requêtes peuvent être déposées afin de retarder des décisions de délivrance, et attendre l’entrée en vigueur effective du système du brevet unitaire.

L’équipe SOTERYAH

Actualités - Eric TZEUTON Brevet Européen International

Un simple dépôt de marque peut-il être constitutif d’un acte de contrefaçon ?

Dans deux arrêts en date du 13 octobre 2021, la chambre commerciale de la Cour de cassation a répondu par la négative et a mis fin à une jurisprudence constante qui considérait qu’un simple dépôt de marque (suivi ou non d’un enregistrement) pouvait constituer un acte de contrefaçon, en ce qu’il porterait atteinte au droit du titulaire de la marque antérieure et ce, peu important « l’absence d’usage dans la vie des affaires de la marque contrefaisante » (cf. Com. 21 fév. 2012, n°11-11.752). Elle opère ainsi un revirement de jurisprudence, en se référant à la jurisprudence de la Cour de justice de l’Union européenne et en citant expressément l’arrêt Daimler, rendu le 3 mars 2016, par la CJUE.

La Cour de justice de l’Union européenne définit l’acte de contrefaçon à travers 4 critères cumulatifs :

  • L’utilisation du signe contrefaisant « dans la vie des affaires » ;
  • Sans consentement du titulaire de la marque antérieure ;
  • Pour des produits/services identiques ou similaires à ceux désignés par la marque antérieure
  • Et que l’utilisation du signe provoque un risque de confusion dans l’esprit du public, portant ainsi atteinte à la fonction essentielle de la marque, à savoir la garantie de provenance.

Ainsi, il n’y aura pas de contrefaçon lorsqu’un l’un des 4 critères cumulatifs fera défaut.

Ces 2 arrêts s’inscrivent dans la volonté de la Cour de se conformer au droit de l’Union européenne et d’ainsi mettre fin à une insécurité juridique.

Quid des dépôts de marques frauduleux pour les revendre à prix d’or à des utilisateurs légitimes….

#marque ; #CJUE ; #Contrefaçon

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Quand Aya Nakamura fut attaquée pour utilisation déloyale d’un design.

Communiquer abusivement sur une action en parasitisme peut être sanctionné par une condamnation pour procédure abusive

Après lui avoir présenté un « moodboard » et des tenues vestimentaires lors d’un shooting, un styliste a mis en demeure l’artiste Aya Nakamura pour avoir porté certaines des tenues inspirées de son travail dans son clip « Pookie ». Ce dernier a assigné la chanteuse au titre du parasitisme sur le fondement de l’art. 1240 du code civil.

Qu’est-ce que le parasitisme ?

Le parasitisme consiste en des agissements visant à s’approprier de façon injustifiée et sans contrepartie, une valeur économique résultant d’un savoir-faire, de travaux ou d’investissements. Il suppose la caractérisation d’une faute génératrice d’un préjudice.

La Cour après avoir comparé d’une part, le moodboard et le shooting et d’autre part le clip « Pookie », estime que les tenues et postures, bien qu’inspirées d’un univers commun, présentent de nettes différences. Or, le seul fait d’adopter des tenues similaires à celles suggérées par le styliste ne suffit pas à établir une reprise constitutive d’une faute. Quant à l’existence d’une contrepartie, le styliste ne parvient pas à démontrer qu’il n’a pas reçu de contrepartie pour son travail.

CONCLUSION :

  • Aucun élément ne permet de caractériser des faits de parasitisme
  • Selon la Cour, le styliste a porté préjudice à l’image et à la réputation de la chanteuse et sera condamné à payer la somme de 5.000 euros en indemnisation de son préjudice moral.

#AyaNakamura ; #parasitisme ; #moodboard ; #styliste

* * *

(Source EUIPO)

Le requérant, M. Kyo Jino, est un styliste de 23 ans qui participe régulièrement à la préparation de photos de shootings pour des établissements de presse tels que Vogue Magazine, et pour des chanteurs et influenceurs en vogue ayant un public jeune.

L’accusée était Aya Coco Danioco, connue sous le nom d’Aya Nakamura, une compositrice-interprete de 24 ans, active dans les domaines de la pop, du R’n’B et de la musique africaine, très connu en France.

Le requérant affirme avoir contacté la défenderesse par le biais des réseaux sociaux et lui avoir montré un “Moodboard” avec cinq types d’inspirations et de tendances esthétiques.

Peu de temps après, ils ont réalisé une photo prise avec l’environnement esthétique et vestimentaire qu’il propose.

Plus tard, l’accusée a publié un clip intitulé « Pookie » sur sa chaîne YouTube. Suite à cela, le requérant a informé Warner Music France, producteur du clip, qu’il mettait en demeure la défenderesse de payer la somme de 50 000 euros, au motif que “trois tenues de l’artiste dans le clip de sa dernière chanson “Pookie” sont directement inspirées de son travail (…), à savoir un “Moodboard” qui lui a été envoyé le 13 décembre 2018, ainsi que les tenues proposées lors d’un shooting photo organisé le 26 décembre 2018″.

L’accusée a affirmé que les tenues portées dans le clip avait été proposé par ses collaborateurs qui ignoraient l’existence du “Moodboard”. Le requérant a affirmé que trois tenues utilisées dans le clip prouvaient que l’accusée avait utilisé son travail et que cette utilisation constituait une utilisation déloyale de la valeur économique de son “Moodboard”.

Le tribunal a rejeté les demandes du requérant et a observé que « le simple fait que l’accusée ait adopté des tenues du même style que celles suggérées par le requérant ne suffisent pas à établir un usage fautif ».

Le tribunal a souligné que le parasitisme, fondé sur le principe général de responsabilité énoncé dans l’article 1240 du Code civil français, consiste en des actes visant à s’approprier, de manière injustifiée et sans rémunération, une valeur économique résultant d’un savoir-faire, d’un travail ou d’investissements. De plus, elle suppose la qualification d’une faute génératrice de préjudice.

La Cour a condamné le requérant à verser à une compensation pour préjudice morale de 5 000 EUR en raison de l’important préjudice causé à son image et à sa réputation par l’importante couverture médiatique de ces allégations, non seulement sur les réseaux sociaux mais aussi dans la presse, ainsi que la lettre envoyée à Warner Music France, le producteur du défendeur.

L’équipe SOTERYAH

#IPLaw, #PatLaw – Nouvelle ère du droit des brevets en France (Activité inventive)

Une nouvelle entrée en vigueur importante en droit Français des brevets, se fait cette année en plein weekend de l’Ascension. Il s’agit de l’entrée de tous les critères de brevetabilité (notamment l’activité inventive) comme motif de rejet dans la procédure de délivrance à l’INPI.

Contexte:

Dans un précédent article, nous avons évoqué l’entrée en vigueur des procédures d’Opposition à l’INPI. Aujourd’hui le sujet concerne le critère d’activité inventive dans la procédure de délivrance.

Il est recommandé de déposer des demandes de brevet pour lesquelles les critères de nouveauté et d’activité inventive sont remplis. Cependant, dans certains cas, l’ancien régime du droit des brevets français permettait à des demandeurs d’obtenir des brevets délivrés par l’INPI pour lesquels le critère d’activité inventive n’est pas rempli.

Ceci était dû au libellé de l’article L. 612-12 CPI qui prévoyait en substance qu’une demande de brevet pouvait être rejetée en cas de défaut manifeste de nouveauté. Un défaut d’activité inventive n’était pas bloquant en procédure de délivrance, de même que d’autres critères non développés dans ce post.

Ancienne loi (L. 612-12(7) CPI)

Est rejetée, en tout ou partie, toute demande de brevet :

(…)7° Qui n’a pas été modifiée, après mise en demeure, alors que l’absence de nouveauté résultait manifestement du rapport de recherche ;(…)

Ainsi, lorsque l’examinateur était face à une demande ne satisfaisant pas au critère d’activité inventive, il était malgré tout obligé d’accorder un brevet faute de base légale pour un rejet dans le cas où le critère de nouveauté est rempli.

Cela ne sera plus possible à compter du 22 mai 2020, date d’entrée en vigueur des dispositions pertinentes de la loi PACTE.

A cette date, le libellé de l’article susvisé précise désormais que le rejet est possible si l’objet revendiqué n’est pas brevetable. Ceci inclut notamment l’activité inventive, et le caractère technique.

Nouvelle loi (L. 612-12(7) CPI)

Est rejetée, en tout ou partie, toute demande de brevet :

(…)7° Dont l’objet n’est pas brevetable au sens du 1 de l’article L. 611-10 ;(…)

Ceci marque le début d’une nouvelle ère dans laquelle pendant quelques mois, il faudra se demander si la demande de brevet d’un dossier donné tombe sous l’ancienne loi (Activité inventive facultative); ou sous la nouvelle loi (Activité inventive obligatoire).

La réponse à cette question dépend de la date de dépôt de la demande en cause. En effet, le nouveau régime s’applique aux demandes de brevet déposées après l’entré en vigueur.

En clair si la demande de brevet en cause a une date de dépôt strictement antérieure au 22 mai 2020, alors la demande est sous l’ancien régime juridique (Activité inventive facultative en procédure ex parte).

Par contre, si la demande de brevet en cause a une date de dépôt du 22 mai 2020 ou postérieure, alors la demande est sous le nouveau régime juridique (Activité inventive obligatoire en procédure ex parte).

Tout ceci ne vaut que pour la procédure de délivrance à l’INPI. Le critère d’activité inventive reste nécessaire en cas de procédure d’opposition et de procédure contentieuse au tribunal.

Recommandations

Pour vos nouvelles innovations, il faudrait faire une évaluation avec un Conseil en Propriété Industrielle, préalablement au dépôt, ou dès réception du Rapport de Recherche.

De préférence, il faut effectuer une recherche d’antériorités préalablement à tout nouveau dépôt, avec un avis sur la brevetabilité émis par un Conseil en Propriété Industrielle.

Si l’activité inventive n’est pas défendable, il reste la solution du certificat d’utilité qui dure 10 ans (contre 20 ans pour le brevet). En effet, la brevetabilité de l’objet d’un certificat d’utilité n’est pas examinée.

SOTERYAH IP reste à votre disposition pour organiser des stratégies de à cet effet.

#IPLaw, #TMLaw – Entrée en vigueur des procédures de nullité et de déchéance de marques auprès de l’INPI

En matière de propriété intellectuelle, des grandes modifications du droit ou des procédures jour entrent souvent en vigueur le jour du “poisson d’avril”. C’est le cas aujourd’hui avec l’entrée en vigueur des procédures de nullité et de déchéance de marques à l’INPI.

Contexte:

Au cours de la procédure d’enregistrement de marque auprès de l’INPI, l’examinateur n’analyse classiquement pas les critères relatifs de validité de marque. A l’issue de la publication de la demande de marque, les tiers ont deux mois pour engager, à l’INPI, une procédure d’opposition à l’encontre de la demande de marque, classiquement sur la base de droits antérieurs. A l’issue de la procédure, l’examinateur enregistre la marque.

Il est possible que la marque française soit enregistrée injustement par exemple si le titulaire de droits antérieurs a mal défendu son opposition ou n’a pas suivi le délai pour engager son opposition.

Jusqu’à ce jour, dans ce cas il était nécessaire d’engager une procédure au tribunal de Grande Instance compétent pour pouvoir remettre en cause la validité de la marque, avec les contraintes de procédure associées, notamment la constitution d’un avocat.

Changement de loi (L. 716-1 s. CPI)

Dorénavant, il sera possible d’engager des procédures spécifiques auprès de l’INPI afin de remettre en cause la validité d’une marque enregistrée en soulevant des motifs absolus et relatifs de refus ou en invoquant une déchéance des droits du titulaire de la marque. C’est l’objet des nouvelles procédures de nullité et de déchéance de marques auprès de l’INPI.

A l’exception de certains cas précis, la demande de nullité est imprescriptible (L. 716-2-6 CPI).

La demande de déchéance concerne les cinq années précédant le dépôt de ladite demande (L. 714-5 CPI).

La procédure s’applique aux marques déposées à compter du 1er avril 2020 (Décr. n° 2019-1316 du 9/12/2019).

Risques à évaluer

Si un de vos concurrents obtient une marque enregistrée par l’INPI injustement, sans que les critères de validité soient remplis, le concurrent peut bloquer des signes indûment voire engager, contre vous, une saisie contrefaçon, une procédure d’interdiction provisoire, une action en contrefaçon…

Dans ce cas, vos innovations seraient gênées dans leurs appellations par ces marques contestables.

Recommandations

Pour éviter ce type de situation, les procédures de déchéance et de nullité offrent une nouvelle option pour traiter ce type de problème si vous n’avez pas suivi le délai d’opposition ou si vous souhaitez soulever des motifs absolus de refus.

Préalablement à cela, l’idéal serait de mettre en place une surveillance des marques et demandes de marques de vos principaux concurrents pour déterminer si certaines sont injustifiées et devraient faire l’objet d’une procédure d’opposition, voire de déchéance ou de nullité.

Les mêmes recommandations valent également pour les marques européenes, pour lesquels les procédures d’opposition, de déchéance et ne nullité étaient déjà en vigueur.

Le recours à un Conseil en Propriété Industrielle permet notamment de s’assurer de déposer des arguments pertinents et de limiter les risques de rejet de votre demande.

SOTERYAH IP reste à votre disposition pour organiser des stratégies de surveillance à cet effet.

#IPLaw, #PatLaw – Entrée en vigueur de la procédure d’opposition en brevet auprès de l’INPI

En matière de propriété intellectuelle, des grandes modifications du droit ou des procédures jour entrent souvent en vigueur le jour du “poisson d’avril”. C’est le cas aujourd’hui avec l’entrée en vigueur de la procédure d’opposition en matière de brevets à l’INPI.

Contexte:

Au cours de la procédure de délivrance de brevet auprès de l’INPI, l’examinateur détermine si les critères de brevetabilité sont remplis par la demande de brevet. A l’issue de la procédure, l’examinateur délivre un brevet français. La procédure de délivrance est ex parte, les tiers ne sont pas partie à la procédure.

Il est possible que le brevet français soit délivré sans que l’examinateur n’ait pris en compte un détail important qui aurait, à juste titre, empêché la délivrance du brevet, notamment un art antérieur pertinent publié.

Jusqu’à ce jour, dans ce cas il était nécessaire d’engager une procédure au tribunal de Grande Instance de Paris pour pouvoir remettre en cause la validité du brevet, avec les contraintes de procédure associées, notamment la constitution d’un avocat.

Changement de loi (L. 613-23 s. CPI)

Dorénavant, il sera possible d’engager une procédure spécifique auprès de l’INPI afin de remettre en cause la validité du brevet en étant partie à la procédure. C’est l’objet de la nouvelle procédure d’opposition auprès de l’INPI (procédure inter partes).

Le délai pour engager une procédure d’opposition expire 9 mois à compter de la publication de la délivrance du brevet en cause (R613-44 CPI).

La procédure s’applique aux brevets délivrés à compter du 1er avril 2020 (Ord. n° 2020-116 du 12/02/2020).

Risques à évaluer

Si un de vos concurrents obtient un brevet délivré par l’INPI injustement, sans que les critères de brevetabilités soient remplis, le concurrent aurait matière à engager, contre vous, une saisie contrefaçon, une procédure d’interdiction provisoire, une action en contrefaçon…

Dans ce cas, la seule option serait de faire une action en nullité au Tribunal, mais la décision pourra seulement être prononcée à l’issue d’une longue procédure au Tribunal de Grande Instance.

Recommandations

Pour éviter ce type de situation, la procédure d’opposition permet de traiter en amont le problème des brevets dont la validité est douteuse.

Préalablement à cela, l’idéal serait de mettre en place une surveillance des demandes publiées et brevets délivrés de vos principaux concurrents pour déterminer si certains sont injustifiés et devraient faire l’objet d’une procédure d’opposition.

Les mêmes recommandations valent également pour les brevets européens, pour lesquels la procédure d’opposition était déjà en vigueur.

Le recours à un Conseil en Propriété Industrielle permet notamment de s’assurer de déposer des arguments pertinents et de limiter les risques de rejet de l’opposition.

SOTERYAH IP reste à votre disposition pour organiser des stratégies de surveillance à cet effet.

Branded

#IPLaw, ​#DELaw – Entrée en vigueur de la Loi de modernisation des marques.

Après notamment l’EUIPO, l’Allemagne vient de faire entrer en vigueur une nouvelle loi sur les catégories non usuelles de marques. La Markenrechtsmodernisierungsgesetz est entrée en vigueur le 14 janvier 2019. Pour mémoire, cela fait suite à une directive européenne correspondante en vigueur depuis 2016. Marques de mouvement, marques multimédia et marque holographiques sont maintenant officiellement déposable auprès de l’Office Allemand.

Autre catégorie, la marque de certification permettant de conférer des labels de qualité avec un cadre légal mieux défini.

Cette nouvelle loi améliore les droits des déposants et permet de se rapprocher des dispositions des marques EUIPO.

SOTERYAH IP

Brexit IP - Eric TZEUTON Brevet Européen International

#IPLaw #Brexit – Nouvelles relatives au Brexit et aux droits de propriété intellectuelle

Pendant que des oppositions au BREXIT sont soulevées avec des reprises dans l’actuaité, revenons sur son incidence sur les droits de propriété intellectuelle.

Des débats font couler beaucoup d’encre, pour ce qui concerne la possibilité pour les conseils anglais de représenter leur clients auprès de l’Office UE de la propriété intellectuelle (EUIPO). Celà représenterait un chiffre d’affaires estimé entre 789 millions et 1,7 milliards de livres.

Même dans le gouvernement le BREXIT ne fait pas l’unanimité. Après so prédécesseur Jo Johnson en janvier 2018, le ministre anglais en charge des univrsités de la science, la recherche, l’invovation et la propriété intellectuelle, Sam Gyimah a donné sa démission au premier ministre Theresa May.

Pour l’heure, l’entrée en vigueur serait prévue le 29 mars 2019.

Pour mémoire, comme déjà exposé dans ce blog (lien), le BREXIT n’aura aucune incidence sur les brevets européens classique. Rappelons ici que la Suisse et la Turquie sont parties à la convention sur le brevet europen. Un mécanisme similaire au brevet euro-turque et au brevet euro-suisse sera probablement appliqué pour le Royaume Uni.

Pour ce qui concerne les marques et modèles de l’Union Européenne, les droits couvrent spécifiquement l’UE de sorte qu’une solution doit être trouvée pour ces droits après le BREXIT. La solution a été détaillée dans ce blog (lien) et consiste en substance à générer un titre PI anglais correspondant au titre PI UE sans examen supplémentaire.

A suivre de près…

Bien entendu, SOTERYAH IP vous assiste pour le maintien de vos droits outre manche après l’entrée en vigueur du BREXIT.

SOTERYAH IP

#IPLaw #PatLaw – Inconvénients du nouveau dépôt en ligne obligatoire de l’INPI

Après le dépôt de marque française et le dépôt de modèle français, le Directeur Général a rendu une décision le 8 novembre dernier quant aux dépôts de demandes de brevet Français et autres procédures nationales devant se faire exclusivement en ligne, avec effet à compter du 19 novembre 2018.

Auparavant, il était possible de déposer une demande de brevet par voie postale, par fax ou par un logiciel de dépôt (epoline) en commun avec plusieurs offices en Europe et avec l’Office Européen des Brevets. Depuis le 19 novembre dernier ces autres moyens de dépôt ne sont plus autorisés.

Un portail INPI est en fonctionnement depuis très longtemps, et a été mis à jour suite à des objections. En effet, schématiquement, le système du portail recherche le terme “description” dans le texte de la demande pour identifier la partie description, et fait de même pour les revendications l’abrégé, et les figures qui doivent normalement être intégrés dans un même fichier en format docx.

Suite à cela, le système convertit le fichier déposé en un fichier docx “enrichi” avec des balises spécifiques. Il s’ensuit une modification de la police, des marges, des tailles de caractères, des numéros de ligne transformés en numéros de paragraphes, et les revendications initialement en chiffre (“1.”) modifiées et libellées en toutes lettres( “[Revendication 1]”). Le système génère ensuite un fichier pdf téléchargeable correspondant au docx.

Ainsi, mis à part la suite de lettres, le fichier de la demande pendante à l’INPI n’a plus aucun aspect en commun avec le fichier que le déposant a introduit sur dans le système. Il devient difficile de se référer à la demande telle que déposée, ou à une demande copendante qui aurait dû être identique. De même dans le cadre d’une modification des revendications, pour le praticien, seul le fichier initial en docx est disponible mais il ne correspond pas, dans la forme, au jeu de revendication pendant.

La suppression des autres moyens de dépôt et l’obbligaion de passer par le portail INPI a, dès le début, soulevé des problèmes de forme/cosmétique du texte, de même que des problèmes pratiques du point de vue du praticien.

La pluspart des pratitiens ont chacun leurs usages en termes de polices de caractères, de mise en forme notamment d’alinéas. La suppression des anciens modes de dépôts oblige tout le monde à avoir une demande pendante à l’INPI ayant exactement la même forme et un delta de taille de police relativement important entre le titre et le corps.

Au delà de l’impersonalisation des textes des demandes de brevet français, il s’en suit des inconvénients pratiques lorsque le praticien veut se reférer à la demande telle que déposée ou à la demande pendante, les mentions pertinentes ne sont plus au même endroit. Il en est de même lorsque l’on veut faire des modifications similaires à celles d’une demande copendante, ou modifier les revendications en cours de procédure. En effet, la demande pendante devant l’INPI n’est pas disponible au format éditable et le praticien va utiliser le fichier initial avec les variations de positions.

Qu’en est-il des documents déposés en langues étrangères? Par exemple un dépôt français sous priorité chinoise, dont les instructions sont données le dernier jour du délai de priorité pourra-t-il être reconnu par le système du portail INPI?

Pour ce qui est des réfrences et repères, il faudrait donc systématiser l’emploi des numéros de paragraphes, mais il est possible qu’un alinéa vide soit considéré par le système du portail comme un nouveau paragraphe là ou le praticien n’y aurait pas associé de numéro, ce qui peut génerer des décalages.

Après des objections le portail a été modifié. Les principales nouveautés qui ont été jugées suffisantes pour clore les débats étaient la mise en place d’une procédure de secours et la possibilité de payer les taxes ultérieurement au dépôt initial. Ainsi, un fichier docx déposé que le système n’arriverait pas convertir pourra être déposé tel quel sous sa forme pdf dans la procédure de secours, à charge pour le déposant ou le praticien de déposer un fichier conforme sous deux mois.

Ces modifications ne semble pas pleinement satisfaisantes. L’impersonalisation des textes demeure, de même que les inconvénients pratiques. Des essais montrent que le dépôt d’un docx chinois permet de faire la procédure de secours. La régularisation du docx et la traduction du texte chinois de la demande en français semble devoir être fait dans un même déllai de 2 mois à compter du dépôt.

Le principal problème subsistant à ce jour concerne le cas où le praticien reçoit des instructions de dépôt français sous priorité étrangère avec un document en pdf le dernier jour, sans document docx disponible par exemple en raison d’un décallage horaire. En effet, dans ce cas, le système se bloque et n’accepte pas le pdf car il faut d’abord un docx n’ayant pas pu être converti, et ensuite un pdf devant correspondre exactement au docx… Le risque de perte de priorité est donc important avec les conséquences subséquentes en termes de validité de la demande de brevet.

A titre de comparaison, le dépôt en ligne à l’Office Européen des Brevets (OEB), à l’Office anglais (UKIPO) et à l’Office allemend (DPMA) n’ont à notre connaissance pas ce type d’inconvénients.

Le portail INPI a donc besoin de quelques évolutions supplémentaires pour limiter les inconvénients esthétiques, pratiques et de fond.

SOTERYAH IP